Lundi 25 avril. Amber
Lever à 6h pour un départ à 7h30. Ce matin nous visitons le Fort d’Amber situé au sommet d’une vallée encaissée à 8 km de Jaipur. Sa vue est grandiose, il occupe tout le sommet d’une crête rocheuse et ses fortifications se prolongent sur l’autre versant de la vallée. Ainsi situé, il pouvait contrôler la passe et empêcher le passage d’éventuels agresseurs. Les bâtiments au sommet du piton rocheux sont encore habités par la famille royale de Jaipur. Nous avons droit aujourd’hui à une promenade à dos d’éléphant.
Je fais la file pour accéder à la plateforme d’où je pourrai m’installer sur le dos de l’animal. Dans la cour en contrebas, se pressent les puissants pachydermes, certains sont décorés. Il fait encore « frais » mais la montée est exposée au soleil. Enfin, ma monture est avancée et j’ai de la chance, je suis seule dans la nacelle ce qui me permet de m’asseoir en tailleur, face à la marche.
La masse s’ébranle et la nacelle tangue, je me cramponne des deux mains à la barre de sécurité, mais bientôt, je perçois les mouvements du corps de l’animal. Je me mets à suivre son rythme lent et bien balancé, ma colonne vertébrale s’incline dans un sens puis dans l’autre, mes hanches suivent, un véritable assouplissement du dos.
Des photographes sont là qui nous mitraillent de leur objectif. C’est « la » photo du voyage certes, mais je ne me laisse pas photographier aussi facilement. Encore des petits commerces lucratifs…
Après plusieurs virages sur cette rampe montant à flanc de colline et des points de vue de plus en plus impressionnants à mesure que nous nous élevons, nous franchissons une porte qui nous mène dans une cour cernée de constructions.
Là, l’éléphant s’accote à un mur pour me permettre de débarquer, après avoir donné une gratification au mahout, pardon, au mahout et à son assistant. J’aurais aimé nourrir l’animal mais je ne retrouve pas assez vite mes biscuits et le temps étant compté ici aussi, je dois me dépêcher de rejoindre le groupe pour commencer la visite.
A la suite de notre guide indien, nous nous engageons dans une visite sportive qui commence par un escalier bien raide. Arrivés dans une cour, nous admirons la Ganesh Pol surmontée de l’effigie du sympathique dieu à tête d’éléphant.
Il y a beaucoup de distractions autour de moi : des touristes accablés par la chaleur regardant les monuments, des indiens à l’ombre d’un arbre regardant les touristes et des observateurs pour regarder le tout. L’ambiance est animée, tout le monde parle des langues différentes, c’est grouillant de vie et d’une bienveillance bonne enfant.
Après avoir franchi la porte, c’est une série de cours, de bâtiments ouvrant sur celles-ci, de couloirs, d’escaliers que nous allons parcourir. Les maharanis n’avaient pas à se donner tant de peine, elles étaient tractées sur de petits chariots par leurs domestiques et atteignaient les étages supérieurs du palais par une rampe intérieure. On imagine aisément la conséquence du manque d’activité physique et d’activité tout court. Ces femmes ne faisaient rien, elles écoutaient de la musique, regardaient la danse, se faisaient soigner par leurs suivantes et domestiques et devaient s’ennuyer ferme. Je ne leur envie nullement cette inactivité même si, à l’issue des visites, mes jambes tremblent.
Je n’ai pas assez d’yeux pour admirer ce qui m’entoure :
le jardin intérieur arrangé à la moghol avec ses dessins géométriques,
les linteaux de portes soutenus par des têtes d’éléphant,
les décors peints à motifs floraux.
Mais ce qui m’arrache des cris d’admirations ce sont ces salles d’audiences décorées de mosaïques en miroirs et fragments de verres colorés représentant des bouquets de fleurs et des bouteilles à vin.
Cette décoration se prolonge sur le plafond et réfracte le moindre rayon de lumière. Que cela devait être beau à la lumière des lampes à huile, avec les vêtements colorés des seigneurs de cette époque !
Je rêve…..
Du haut de la terrasse supérieure, la vue est plongeante sur la vallée. Sur la rampe, le cortège des éléphants se poursuit dans les deux sens. Je demande à quelqu’un du groupe de me photographier pour le souvenir.
Nous visitons ensuite les appartements des femmes, soigneusement isolés des lieux accessibles aux hommes. C’est à nouveau une cour bordée par des chambres et au centre de laquelle se trouve un pavillon de loisirs. Une femme en sari balaye mollement le sol. En réalité, elle est là pour se faire photographier par les touristes ce qui lui procure une source de revenus complémentaires.
Nous passons ensuite dans les installations techniques, un vrai dédale de couloirs.
Pour amener l’eau dans le fort, une noria était actionnée par des bœufs qui tournaient dans une tour.
Le conduit dans lequel montaient les récipients remplis d’eau est occupé par des centaines de chauves-souris, endormies au moment de notre visite.
Nous visitons aussi les toilettes et je m’attarde avec quelques personnes du groupe dans une tourelle pour jouir du paysage et observer un gros essaim d’abeilles accroché à la paroi. Pendant que nous traînons, le guide et le reste du groupe ont continué la visite et nous voilà perdus dans ce labyrinthe d’escaliers et de couloirs. Nous décidons de rester ensemble et d’explorer les directions que nous n’avons pas encore suivies. Il n’y a aucune indication, pas de plan, nous nous dirigeons à l’instinct.
Nous retrouverons le groupe à la sortie pour une surprise : des charmeurs de serpents. Interdit par le gouvernement indien suite à quelques accidents impliquant des touristes, ce spectacle de rue se déroule maintenant à la sauvette.
Deux hommes en turbans, deux « flûtes », deux paniers, deux serpents dont l’un d’eux n’a pas l’air de vouloir travailler. Son dresseur le pousse du doigt et l’animal se redresse lentement, l’œil ensommeillé puis se met à se balancer au son et au mouvement de l’instrument à vent.
Nul doute, ce sont de beaux cobras avec leur capuchon au motif caractéristique qui les fait appeler serpent à lunettes. Hélas, je n’ai pas le temps d’aller plus avant dans mes observations, d’autres touristes veulent voir. De plus, notre visite se poursuit au rythme d’un allegro bien enlevé, nous montons encore un long escalier où nous retrouvons les vendeurs de petits objets, de cartes postales, de brochures touristiques, de bijoux, etc. J’achète un petit flacon de parfum à l’opium.
Arrivés au sommet, nos guides nous proposent la visite d’un temple dédié à Kali, la noire déesse de la destruction. Il faut se déchausser, retirer tous les objets en cuir, ne prendre ni eau ni aliments pour avoir accès au sanctuaire. Une partie du groupe reste dehors pour garder les biens de ceux qui visitent. Me voilà donc pieds nus, sans montre, sans eau, sans biscuits, pénétrant dans l’antre de la terrible Kali. Je suis étonné par la clarté du lieu : un espace carré et dépouillé avec un puits de lumière central. Des cloches pendent à une solive, on les fait tinter pour attirer l’attention de la divinité qu’on vient prier. Je frappe la cloche pour me signaler, m’incline devant le saint des saints, mets une obole sur le plateau et reçois du brahmane le point rouge au milieu du front, sorte de bénédiction. La déesse Kali me fascine depuis longtemps avec son collier de cranes autour du cou et le sang qu’elle répand autour d’elle. Elle détruit l’illusion pour ne laisser subsister que la réalité, elle est lucide, comme j’aime à l’être aussi. Notre visite du fort d’Amber se termine par cette vision horrifique mais je ne m’en plains pas. A côté de la beauté la plus absolue se trouve toujours son antithèse radicale. C’est la Vie.
Cette fois-ci nous descendrons la rampe en jeep après avoir à nouveau été harcelés par les vendeurs. Je commence à m’habituer et à répondre de manière plus satisfaisante, à mon goût, à leurs sollicitations appuyées. Les photographes ont bien travaillé : je me vois proposer une photo de moi à dos d’éléphant. Accrochée au bastingage avec mon chapeau blanc en coton, ma chemise rose et mon profil peu avantageux (pour ne pas dire mon gros nez), j’ai bien envie de la refuser mais ces hommes vivent de cela et je l’achète sans trop marchander. Ceux qui auront résisté jusqu’au bout, recevrons leurs photos gratuitement.
La jeep, c’est moins charmant que l’éléphant mais plus rapide. Nous retrouvons notre car près du petit lac situé au pied du fort. De là, la vue est splendide aussi.
Encore une visite avant le repas de midi : une manufacture de tapis et d’impression de tissus au bloc. Nous entrons dans une véritable haveli, une maison de marchand avec sa cour intérieure pour les activités commerciales. L’atelier occupe le pourtour de la cour depuis le filage de la laine par des femmes assises à même le sol jusqu’au brûlage du dos des tapis.
J’ai même la chance de faire quelques nœuds à un tapis en cour de confection. Tout se paie ici, les nœuds comme les photos, les gestes de demande sont discrets mais parfaitement compréhensibles. Je ne suis pas habituée à ce système mais je m’adapte aux coutumes du pays. Nous assistons à une démonstration d’impression de tissu avec des blocs gravés et différents passages pour obtenir une variété de couleurs. Celles-ci n’apparaissent de façon définitive qu’après un lavage à l’eau salée, ce qui paraissait brun avant le bain devient bleu ou vert ou orange. C’est magique.
Nous pénétrons ensuite dans le show-room proprement dit pour une présentation des tapis. C’est un ballet bien rôdé auquel nous assistons, les gestes des présentateurs sont parfaitement synchronisés pour jeter le tapis devant eux, le laisser se dérouler, l’étendre dans un geste sec et le déposer sur le sol. Il y a du rythme, du mouvement et tout cela sans musique. Tapis en laine, tapis en cachemire, tapis en soie, grande taille, taille moyenne, petit format, motif persan, rajpoute, géométrique ou figuratif, dominante bleue, rouge ou ocre, le choix est immense et tout est prévu pour le transport et pour le paiement. Fasciné par le spectacle, je me laisse tenter par un petit tapis en cachemire et soie aux motifs persans. Au final, je reçois un sac en tissu format 30/30 fermé par un cadenas dont le vendeur me remet fièrement la clé.
Mais ce n’est pas fini : on nous emmène à l’étage où se trouvent les textiles imprimés, brodés, tissés et c’est à nouveau le corridor de la tentation. Les nappes sortent de leurs étagères, les tissus de saris se déploient, les écharpes s’ouvrent sous nos yeux. Chaque touriste a son vendeur attitré, le mien est plus âgé et semble expérimenté. Je choisis une nappe en coton imprimée au bloc et là-dessus il me montre un couvre-lit pouvant faire nappe, brodé au fil d’or, un travail superbe. J’admire et déjà il joue de la calculette pour me donner le prix en euros de mes deux achats. La note s’élève à plus de 400 euros. Je n’ai pas dit que je voulais acheter le couvre-lit et lui me le vend déjà. J’ai de la peine à me dépêtrer de la situation. J’ai besoin d’une écharpe pour faire un cadeau, c’est l’embarras du choix. Je procède par élimination pour sélectionner celle qui conviendra le mieux. J’ai grand peine à freiner mon vendeur qui me propose plusieurs écharpes toutes plus belles les unes que les autres. Je vais admirer les saris et il me propose de me faire coudre un ensemble sur mesure. Je conclus la vente et je vais m’asseoir dans un coin, n’osant plus admirer quoi que ce soit de peur de me le faire imposer par un vendeur. Mon budget est loin d’être illimité comme les commerçants ont l’air de le supposer.
Je regarde les autres participants du groupe faire leurs achats, certains font de bonnes affaires, ils savent marchander. Certains semblent atteints de fièvre acheteuse et sortent avec d’impressionnants paquets. Enfin nous nous dirigeons vers la sortie, l’heure du repas a sonné.
C’est dans une haveli convertie en auberge que nous allons nous restaurer. Le décor mélange style indien et influences anglaises.
Dans la salle à manger, les murs et le plafond sont décorés de motifs floraux, c’est chargé sans être écrasant. Mes yeux se nourrissent autant que mon corps.
Après le repas, je vais savourer une tasse de thé dans la véranda et faire connaissance avec les membres d’un autre groupe de voyageurs français qui font à peu près le même circuit que nous. Ils me semblent moins enthousiastes que nous.
Un musicien joue d’un instrument à archet dans la cour, tout à côté et un spectacle de marionnettes se prépare non loin. Je savoure ces instants où tous mes sens reçoivent une stimulation, l’odeur des fleurs toutes proches et des plats épicés, la chaleur sur ma peau, le goût amer du thé, la musique et le bruit des conversations, ce que je vois. J’aurais envie de fermer les yeux pour me concentrer sur toutes ces sensations nouvelles. Je me sens parfaitement bien et je célèbre cet instant.
L’après midi se poursuit par la visite de l’observatoire astronomique, Jantar Matar, construit au 18ème siècle. Il est 15h et le soleil s’en donne à cœur joie pour nous faire souffrir. Pour moi aussi, les stations en terrain découvert à écouter les explications de notre guide indien sont autant de supplices, malgré mon chapeau.
Je n’ai aucune envie de flâner au milieu de ces appareils étonnants,
cadrans solaires indiquant l’heure à la seconde près,
instruments dédiés aux 12 signes du zodiaque,
appareil pour situer l’emplacement des constellations
et bien d’autres curiosités.
Je sue d’abondance et mes vêtements sèchent sur moi à la moindre brise.
La visite se poursuit par le City Palace qui abrite à la fois les appartements privés du maharadja de Jaipur, les locaux du gouvernement du Rajasthan et un musée ouvert au public. A l’entrée, nous croisons deux charmeurs de serpents et leurs animaux en plein travail avant de pénétrer dans la cour du palais.
L’architecture est fine et raffinée, l’éléphant est bien présent, tout près des portes et des voutes. Nous visitons une exposition de vêtements royaux, brodés d’or ainsi que des salles consacrées à l’armement. Là, je ne regarde que les plafonds superbement peints et je m’assieds pour attendre le groupe qui s’extasie à la vue de couteaux s’ouvrant dans le corps de la victime. Raffinement aussi dans l’art de mettre à mort.
Enfin nous pénétrons dans la partie privée. Une cour au centre de laquelle se trouve la salle d’audience, le diwan-i-Khas, un pavillon en grès rose aux nombreuses colonnes. Les gardiens en costume et turban ne se privent néanmoins pas de la modernité, l’un d’eux a une conversation animée depuis son portable. Le contraste m’amuse.
J’admire le plafond orné de stuc blanc. Mais je n’avais pas tout vu : nous entrons dans une petite cour dont les quatre portes sont ornées de motifs de paons.
Chaque porte possède son propre décor aux couleurs vives, toutes les plumes sont détaillées dans un dégradé de vert et de bleu, c’est ravissant.
Avant de quitter ce havre de paix, nous avons une halte-buvette où je déguste une tasse de chaï brulant avant une visite en cyclo-pousse de la vieille ville de Jaipur.
Cette visite est un des temps forts de mon voyage, une plongée dans l’Inde réelle, celle que nous ne faisons que deviner alors que nous circulons en car de palais fabuleux en hôtels de luxe. Je m’assieds sur la banquette du véhicule avec le guide indien. Quelle chance, je vais recevoir toutes les explications que je souhaite !
Nous quittons la place où se tient un marché chaque matin pour suivre une ruelle qui mène à une artère de grande circulation. La vieille ville de Jaipur présente un plan en damier, toutes les rues se croisent à angle droit.
L’entrée dans la circulation ô combien dense est au premier abord un choc auditif : les klaxons, le bruit des moteurs, les voix, les sonos des magasins créent un véritable paysage sonore. Les indiens aiment le bruit, cela m’a frappé depuis mon arrivée ici. Il n’y a pas que le bruit, d’ailleurs. Ils aiment que leurs sens fonctionnent à plein régime. Les odeurs, les saveurs, les couleurs, tout sollicite les organes sensitifs pour qu’on se sente vivre. La rue que nous suivons ne fait pas exception. L’odeur d’essence, de mazout et autres effluves chimiques est frappante. Il y a ensuite le mouvement, continu, rapide et anarchique. Les véhicules sont au coude à coude, les carrosseries se frôlent, en tendant le bras, je peux toucher le conducteur de la moto qui tente de nous dépasser. A ce jeu là, il y a des règles de manières à ce que les véhicules circulent sans se heurter, à la distance d’une feuille de papier. J’ai une impression de vertige au milieu de ce tourbillon et je mets mon espoir dans la chance légendaire des conducteurs locaux. Il n’empêche : quelle expérience !
Nous quittons cette avenue bordée de magasins vomissant sur le trottoir marchandises et services pour emprunter une ruelle bordée, elle aussi, de boutiques grignotant aussi une part de la chaussée.
La circulation est tout aussi anarchique et malgré son étroitesse, cette rue est à double sens. J’y vois des cordonniers, des barbiers-coiffeurs, des couturiers, des confiseurs et pâtissiers et tous les petits commerces imaginables. Au-dessus des auvents se croisent une myriade de fils électriques dans un déploiement comparable à la circulation anarchique. C’est stupéfiant.
Plus fort encore : à chaque croisement latéral, mon regard peut admirer des tas d’ordures magnifiques, avec ou sans cochon.
Pour suivre ces ruelles, il faut d’abord enjamber de 50 cm à un mètre de détritus.
Je n’ai pas le loisir de promener mon nez par là pour capter les relents de ces dépôts. Je vous laisse imaginer… Nous retraversons une artère principale.
La priorité de droite est inconnue ici, je fais ma prière et nous passons. Le carrefour que nous atteignons se limite à un banyan laissant pendre ses racines au-dessus du bitume.
Son tronc est protégé par de nombreux véhicules garés, l’espace est rare pour tous.
Nous nous engageons dans Tripolia Bazar, la bien nommée, pour admirer la Palais des vents ou Hawa Mahal, vanté par tous les guides de voyage et photographié à tire larigot. Déception ! Il n’y a pas de recul pour contempler ce monument aux nombreuses fenêtres ornées de jalis et l’environnement n’a rien de plaisant.
Cette façade qui permettait aux femmes de voir sans être vues est une sorte de décor. Bruxelles ne détient pas le monopole du façadisme ! Entre la photographie et la réalité, il y a un décalage énorme. Après tout, ce que je vois me semble préférable à la fiction menteuse.
Sur le trottoir au pied de l’édifice, git une femme et son petit garçon. A la barrière qui borde la chaussée est accoudée une foule de badauds, des motos sont alignées tout à côté et des vendeurs sont accroupis sur le sol dont un vendeur de remèdes ayurvédiques avec ses bocaux et ses produits séchés.
Nous revenons à notre point de départ où nous retrouvons un beau tas de déchets avec ses chiens et ses choucas.
Le car est cerné de mendiants, surtout des enfants mais aussi des mères avec des enfants estropiés. Ici, pas de sécurité sociale, pas d’allocation de chômage, pas de pension, pas de mutuelle, une médecine à plusieurs vitesses, dès lors on peut comprendre qu’un enfant affligé d’une tumeur bien visible soit une source de revenu pour sa famille. Pourquoi irait-on dépenser un hypothétique argent pour le faire soigner alors que son handicap permet à la famille de gagner de quoi survivre au jour le jour ? Surtout, laissons nos appréciations d’occidentaux nantis au placard, nous sommes ignorants des modes de vie d’ici.
Le retour à notre superbe hôtel avec piscine, magasins, jardins, restaurant, bref, tout le confort de l’Occident offre un contraste violent avec ce que je viens de voir. L’Inde, ce sont aussi les contradictions.
A suivre….

































































































