Sweelinck’s Weblog

juillet 11, 2011

Voyage au Rajasthan: 2ème épisode

Samedi 23 avril Agra

 

Réveillé aux aurores, je découvre de ma fenêtre le superbe jardin intérieur avec sa piscine et je décide d’y faire une promenade matinale.

 

Il fait divinement bon, les plantes embaument, les fleurs rivalisent de couleurs. J’entends les bruits de la ville déjà bien active et le cri des paons dans les terrains vagues. Je me sens transportée par tant de délices, je savoure pleinement l’instant, de tous mes sens.

Le programme des visites du jour comprend le Taj Mahal. Pour y parvenir, nous laissons notre car pour emprunter des calèches tirées par un cheval. Etant une « pièce rapportée », je partage la calèche avec le guide français, un amoureux des animaux comme moi. Il fait comprendre au conducteur que nous avons le temps et que son cheval ne doit pas courir. D’ailleurs celui-ci a des blessures au niveau du harnais, c’est lui qui recevra le plus gros pourboire : des biscuits secs. Il reste quelques mètres à faire à pieds jusqu’à l’entrée et nous sommes littéralement pris d’assaut par les vendeurs de guides touristiques dans toutes les langues, de bracelets en argent (disent-ils), de porte-clés, de bics décorés et autres pacotilles. Ils insistent, marchent à nos côtés, baissent les prix, font promettre que nous reviendrons visiter leur boutique, bref, se conduisent comme des mouches importunes. Je refuse poliment, disant que je n’ai besoin de rien, j’essaye de rester calme et courtois mais la lassitude m’envahit peu à peu. J’adopte alors une autre stratégie qui semble porter ses fruits : je regarde le vendeur dans les yeux en lui souriant, sans rien répondre. Une fois le regard capté, le vendeur s’écarte. Comment est interprété ce regard par ces jeunes hommes ? Je ne sais pas mais je suis désormais plus tranquille.

A l’entrée du site, nous subissons une fouille sévère, je me fais confisquer mes deux couteaux, je les retrouverai à la sortie. Nous sommes admis dans la première cour dans laquelle donnent les différentes portes d’entrée.

       

 Les bâtiments en grès rouge, incrustés de marbre blanc et noir, sont  déjà splendides, enjolivés encore par les couleurs des saris.

Nous allons découvrir un joyau de l’art moghol construit entre 1632 et 1648 par l’empereur Shah Jahan pour abriter le mausolée de son épouse favorite Arjmand Banu, sa Mumtaz Mahal, l’élue du harem. Un magnifique témoignage d’amour qui ne se limite pas au bâtiment de marbre blanc mais s’enrichit d’un jardin, le tout pour donner une représentation terrestre du paradis. Une fois passé la porte qui mène à l’esplanade derrière l’édifice en grès rouge, j’ai le souffle coupé par la pure beauté de l’ensemble.

En contrebas, une pièce d’eau rectangulaire avec des jets d’eau est bordée par quatre jardins, un véritable tapis persan. Tout au bout, flotte entre ciel et terre, la blancheur du Taj Mahal. J’avoue que c’est là le plus beau monument que j’ai jamais vu, c’est un rêve, un mirage, une hallucination. Je me tais et je contemple.

La foule des visiteurs est dense mais ici, pas de gros rires gras, de mouvements désordonnés, non, les indiens vivent ici aussi un moment religieux qui demande de la retenue et de la dignité. Leur attitude est belle, harmonieuse comme ce qui se donne à voir.

Arrivés sur la plateforme, nous devons nous déchausser et suivre la longue file qui s’étend sur deux côtés du bâtiment. C’est une occasion de détailler les nombreux motifs floraux sculptés ou incrustés dans le marbre.

 

 

A l’origine, toutes ces pierres de couleur étaient précieuses mais le fils de Shah Jahan, Aurangzeb, les fit remplacer par des pierres semi-précieuses afin de récupérer une partie de son héritage, investi par son père dans cet ouvrage. Non content de cela, Aurangzeb fit emprisonner son père au Fort Rouge d’où ce dernier avait une vue imprenable sur le mausolée de son épouse bien-aimée. Shah Jahan repose heureusement à ses côtés.

L’intérieur du Taj Mahal ne contient pas de mobilier mais toutes les surfaces sont travaillées de manière ravissante : motifs sculptés, incrustations, dentelles de pierre. De la terrasse arrière, on découvre la Yamuna presqu’à sec en cette saison.

  Nos guides nous donnent 30 minutes pour flâner sur le site, je me sens laissé à mes instincts, je m’arrête sur place pour me gorger de sensations colorées, parfumées, sonores et autres. Je vais pouvoir flairer cette beauté, m’en gorger. Ce que je fais, terminant par un circuit dans le jardin avec ses oiseaux au plumage rutilant et les points de vue charmeurs qu’il offre sur le mausolée. 

    

Au sortir de cette visite merveilleuse, nos guides nous emmènent dans un atelier qui travaille le marbre et les pierres précieuses comme les bâtisseurs du Taj Mahal. A l’entrée, je découvre la climatisation made in India, un astucieux appareil muni d’un ventilateur située derrière une paroi en paille arrosée d’eau en permanence : fraîcheur garantie.

Nous voyons travailler les ouvriers et surtout nous découvrons les réalisations de cette manufacture. Après un petit exposé en français sur l’art de la marqueterie de pierre et un verre de cola (Pepsy ou Coca), nous voilà lâchés dans le magasin pour admirer les pièces et sortir les nôtres de nos portefeuilles.  J’admire : plaisir des yeux. 

 

Après le repas pris au restaurant de l’hôtel, j’ai le temps de m’étendre pour une minuscule sieste avant de repartir pour la visite du Fort Rouge. Cette forteresse construite par Akbar de 1565 à 1574 fut remaniée par Shah Jahan qui y fut emprisonné par son fils de 1658 à sa mort en 1666.

Au-delà des portes et des murailles, c’est une succession de cours, de pavillons, de chambres, de terrasses avec vue sur le Taj Mahal.

 

Les porches, les linteaux et les chapiteaux de colonnes sont remarquablement sculptés.

 

             Les toits s’ornent de clochetons bulbeux du plus bel effet, la présence d’un jardin intérieur apporte la touche végétale dans cet univers minéral.
La vie se passait à la fois dehors et dedans, dans un luxe que la nudité actuelle des lieux ne laisse plus deviner. Il devait y avoir profusion de tapis, de tentures, de coussins, sans compter les costumes magnifiques, les parfums et la musique omniprésente chez les mogholes.

Pendant que notre guide rajpoute donne des explications en français, des groupes d’indiens s’arrêtent et nous regardent comme des badauds. Nous devenons aussi un spectacle. Mais il suffit que les regards se croisent, que je souris et les voilà souriant à leur tour. Parfois la conversation s’engage par un « Where are you from ? » à la prononciation incertaine. Le père me présente ses enfants, la lycéenne me demande comment je trouve son pays. Il m’est même arrivé d’être photographié. Quelle curiosité !  Quelle bienveillance ! Cela me réjouit. 

La visite suivante est curieuse : nous allons visiter un musée de la broderie. Je m’attends à voir des chefs d’œuvre de cet artisanat de la peinture à l’aiguille mais c’est autre chose que nous découvrons. Il s’agit de la collection personnelle d’un créateur de broderies qui ont la particularité d’être en relief. Nous passons devant des oiseaux colorés plus vrais que nature, des tigres, des bouquets de fleurs, des paysages, une vue du Taj Mahal, le tout admirablement réalisé. Après cet apéritif, un assistant du patron nous fait entrer dans une salle obscure pour un spectacle particulier. Depuis un ordinateur portable, il commande les commentaires en français, la musique de fond, le lever des rideaux devant les tableaux brodés ainsi que la direction dans laquelle nous devons regarder. La mise en scène provoque l’amusement, ce qui n’enlève rien à la qualité de ce qui nous est montré. Certains tableaux ont demandé des mois, voire des années de travail. Les sujets d’inspiration orientale sont les mieux réussis. Notre brave présentateur s’emmêle un peu dans la technique, les commentaires sont en retard mais surtout, il ne réalise pas qu’il a affaire à des français qui commentent chaque pièce avec enthousiasme sans se préoccuper de la présentation préenregistrée. Là où je ne peux plus garder mon sérieux, c’est lorsque le rideau se lève sur le Christ en bon pasteur avec des moutons bien grassouillets et un commentaire bénévolant.  Je photographie le sujet.

 

Après ce moment cocasse pour nous, occidentaux, les choses sérieuses commencent, au premier étage où se situe la bijouterie Kohinoor. Tout est à vendre ou plutôt à acheter, nous pouvons tout essayer même des parures en émeraude pesant plusieurs kilos. Pendant que mes compagnons de voyage écoutent les commentaires avisés du patron et de ses assistants, je m’esquive pour flâner dans le magasin. Tout est de qualité irréprochable, de très bon goût mais je n’ai nulle envie d’acheter. Un vendeur plus âgé engage la conversation avec moi et me parle de sa famille. Il me pose des questions sur ce que je fais, je tente de répondre honnêtement. Je sens chez mon interlocuteur une simplicité sans détour très éloignée de notre façon de faire européenne avec sa pratique de la langue de bois. C’est rafraichissant de découvrir qu’il existe encore des rapports humains dénués de faux semblants.

 A suivre….

juin 10, 2011

Voyage au Rajasthan: 1er épisode

 

Cher lecteur,

 

De retour d’Inde, émerveillé par ce pays, je souhaite partager avec vous mon enthousiasme ou ma stupéfaction face à ce que j’y ai découvert.

Je n’ai jamais été attiré par la photographie, mes clichés valent peu mais c’est parfois la seule façon de transmettre ce que j’ai vu là-bas.

Et maintenant, en route….

 

Mercredi 20 avril 2011 – Première étape : Paris – Charles de Gaulle

Après un voyage en train sans histoire, je débarque avec ma valise et mon sac à dos à Roissy où je passe la première nuit pour pouvoir enregistrer tôt le lendemain.

Mon hôtel se situe près du terminal 3, j’emprunte la navette pour m’y rendre.  J’ai choisi l’hôtel Ibis dont je connais les performances. De toute façon, la nuit sera courte : le check-in est à 7h30 le lendemain.

Avant de prendre mon repas, je reprends la navette pour repérer les lieux d’embarquement et savoir le temps nécessaire pour m’y rendre (30 min.) 

19h30, souper, avec au dessert un délicieux moelleux au chocolat cuit à point. A une autre table, trois voyageurs chinois ont de la peine à se faire comprendre, ils ne parlent pas l’anglais et montrent dans l’assiette des convives ce qu’ils désirent manger. Après avoir remué ciel et terre, le restaurant déniche un membre du personnel qui parle une langue intelligible pour eux.

Revenu dans ma chambre, je regarde la télévision pour constater que rien n’a changé en la matière, c’est toujours en dessous de tout. Je suis une série policière au discours très « psy », c’est lamentablement médiocre.

 

Jeudi 21 avril 2011 Journée en avion vers Delhi

Levé à 5h45 après une mauvaise nuit de sommeil. Petit déjeuner léger (pain et tisane de tilleul) et en route pour l’enregistrement. A 7h, je passe la douane sans aucune difficulté, je vais pouvoir trainer dans la zone d’attente jusqu’à l’heure du départ à 10h30. J’achète un polar et une revue en anglais pour réactiver ma connaissance de la langue.

Dans le salon d’attente n°9 sont déjà réunis de nombreux indiens aux tenues colorées, un avant goût. Je regarde les gens, mon grand plaisir habituel. Vers 10h, on nous annonce un changement de porte d’embarquement. J’émigre vers le salon 6 où attendent aussi des indiens, une attente prolongée de 30 minutes : l’avion n’est pas prêt. Je trouve un siège à côté d’un homme profondément endormi. Ses bagages me renseignent sur sa destination, il va à Bombay. Il y a devant moi un fauteuil massant qu’une jeune femme essaye avec de nombreux gloussements de plaisir. Décidément, un aéroport ne manque pas de distractions. J’entends le premier appel pour le vol vers Bombay qui a lui aussi changé de porte. Je me dis que mon voisin n’a sans doute pas entendu l’appel et après quelques minutes, j’ose le réveiller pour lui demander quelle est sa destination. Il aura juste le temps nécessaire pour embarquer.

45 minutes de retard plus tard, nous embarquons. Je suis assis près de la fenêtre, côté aile ce qui me permet néanmoins de voir le sol. La place à côté de moi reste inoccupée, je pourrai faire une sieste dans des conditions plus agréables. Le plan de vol me signale que nous survolons Paris, Luxembourg, Nürnberg, Prague, Cracovie. Le paysage est très vert, plus nous avançons vers l’est et plus le relief semble accidenté. Nous longeons ensuite les Carpates, survolons Odessa, la Mer Noire, Bakou, la Mer Caspienne, Krasnovodsk, Meched et le paysage change, devient plus minéral, plus sec et jaune.

Il est 17h et le soleil se couche dans un lit de nuages roses de toute beauté. Après avoir survolé Kaboul et Lahore, j’aperçois les lumières de Delhi, cela scintille comme des diamants dans la nuit.

Il est 22h20 heure locale, soit trois bonnes heures de décalage lorsque je débarque dans le grand aéroport moderne de Delhi. Le passage de l’émigration est un peu laborieux et surtout très bureaucratique. Je remplis le document sans me soucier trop de l’exactitude des données, l’important pour le préposé, c’est que toutes les cases soient remplies. Avant de récupérer ma valise, je change 50 euros en roupies (3000).

Dans le hall d’accueil bondé, je retrouve le guide indien, muni du panonceau de l’organisateur du circuit et en attendant le reste du groupe, je me rince l’œil au spectacle de cette foule très bigarrée qui déambule paisiblement au milieu des chariots de bagages. Finalement, le guide français arrive avec le reste des participants : nous sommes onze, six couples et moi. A l’air libre, la chaleur me tombe sur le dos, 32° sec avec un peu de brise, très agréable. Les alentours de l’aéroport ressemblent à un no mans land avec béton et poussière.

Nous embarquons dans notre autocar « made in India » et entamons 40 minutes de routes surchargées de trafic malgré l’heure tardive pour rejoindre notre hôtel. Je distingue des campements militaires bien clôturés, de la végétation sur les bas côtés et une circulation anarchique que les coups de klaxon du chauffeur tentent de régenter. Nous traversons des quartiers plus aérés probablement dans New Delhi, il y a des ronds points, des carrefours, de longues avenues bordées de gros bâtiments qui se devinent dans l’obscurité. Nous roulons à gauche évidemment mais ici le code de la route connait de multiples interprétations, il faudra s’y faire.

Enfin, nous nous engageons sur la rampe d’accès de l’hôtel Méridien, un palace à l’entrée très impressionnante. Comme dans chaque hôtel, il faut passer par un portique de sécurité identique à celui de l’aéroport. En Inde, on ne badine pas avec la sécurité des touristes. Le hall est déjà spectaculaire par sa grandeur, nous y recevons le collier de tagètes et un verre de bienvenue puis c’est le contrôle des passeports et enfin la remise des clés. J’ai hâte d’être dans ma chambre pour pouvoir me reposer après cette longue journée.

Les ascenseurs extérieurs surplombent un atrium, une vue vertigineuse. La chambre n’est pas moins grandiose par son décor moderne, je ne résiste pas au plaisir de faire quelques photos. Mon appareil photographique jouera le rôle de seconde mémoire, il y a tant à voir que mon cerveau n’a pas le temps de graver ces images dans sa conscience. Le départ étant prévu pour 8h30 le lendemain, je ne tarde pas à me coucher.

 

 

 

 Vendredi 22 avril 2011 Delhi

J’ouvre le rideau pour un premier regard sur l’Inde. Je vois le sommet des arbres, quelques oiseaux dans le ciel et la ville avec ses entrelacs de fils électriques, d’antennes et quelques paraboles. Petit déjeuner buffet, mi-occidental, mi-indien avec beaucoup de fruits. Les autres participants du groupe sont répartis à d’autres tables. J’entame une conversation avec une voyageuse australienne qui a déjà visité l’Inde. « Voir le Taj Mahal et mourir ! » Je vais me contenter de voir le Taj Mahal, le reste attendra.

Départ à 8h30 pour la visite de la ville, je photographie des ambiances de rues. Tout me parait stupéfiant, la foule, le mouvement, les couleurs des saris, les petits commerces en tous genres. Je n’ai pas assez d’yeux pour regarder.

Arrivés dans la vieille ville aux rues étroites et encombrées, nous visitons la Grande Mosquée, Jama Masjid (1650-1656). Une volée de marche, les premiers marchands, dépôt des chaussures sur le seuil, inspection de la tenue vestimentaire : toutes les femmes sont revêtues de grandes robes au tissu fleuri, les hommes sont priés de cacher leurs mollets dans une sorte de paréo plus sobre. J’échappe à ce déguisement grâce à mon pantalon long, ma chemise à longues manches et surtout le foulard (indien) dont je me suis déjà couvert la tête. Pour éviter de se brûler la plante des pieds, le guide nous a conseillé de porter des chaussettes, très bonne idée aussi pour éviter la saleté du sol (fiente de pigeons, notamment). La cour centrale est bordée sur les quatre côtés par des murs crénelés. Les bâtiments sont surmontés de dômes à bulbes, nous voyons le premier exemple de marqueterie sur pierre : du marbre noir serti dans le marbre blanc et figurant quelque sourate du Coran. La moitié de la cour est couverte de draps attachés à des anneaux fixés aux murs pour éviter la chaleur déjà intense du soleil. Vu l’heure matinal, il y a peu de monde et l’endroit invite à la flânerie, au recueillement. Du côté opposé à l’entrée se tient un petit marché. C’est là qu’on peut trouver les hôtels pour routards où l’on peut se loger à peu de frais pour peu de confort. L’Inde n’est plus se qu’elle était, plus moyen de vivre une journée complète pour 20 euros, cette époque mythique est révolue, le mirage s’est incarné dans une modernité réaliste. Une petite fille me regarde. Je demande au guide local comment dire « bonjour ». C’est mon premier « namasté » auquel la fillette répond par un magnifique sourire. Je fonds devant tant de grâce.

 Le car nous reprend et nous traversons la ville neuve avec ses espaces verts et ses bâtiments de style victorien pour nous rendre au Raj Ghat, lieu où fut incinéré le Mahatma Gandhi le 31 janvier 1948. Il s’agit d’un grand jardin au centre duquel se situe une simple pierre noire devant laquelle les gens viennent s’incliner avec respect. Il fait chaud maintenant, le soleil s’active mais c’est très supportable au cause de l’air sec et d’une brise qui souffle de temps à autres, apportant des parfums de fleurs et d’autres effluves non-identifiés.

 Nous remontons dans le car, retraversons New Delhi et ses   grandes avenues, saluons au passage India Gate abritant le soldat inconnu. Les Indiens ont combattu aux côtés des anglais lors de la Première Guerre Mondiale, perdant quelques 100.000 soldats. Nous faisons plusieurs fois le tour d’un rond point pour admirer l’imposant ancien palais des vices rois des Indes, nous passons devant le Fort Rouge que nous ne visiterons pas, ayant d’autres occasions au cours du voyage de visiter des forts moins abimés que celui-ci.

   

Non loin de là, dans Chandni Chowk, nous avons la chance de visiter un temple sikh. Nous laissons chaussures et chaussettes dans un parloir gardé par un digne représentant de cette religion, la tête doit être couverte pour tous et à cet effet on nous fourni des chiffons couleur safran du plus bel effet pour les messieurs. Plongée dans la foule, escalier de marbre blanc aux dalles chauffées par le soleil (heureusement qu’il y a des tapis), arrivée sur une esplanade où l’on vend une pâte sucrée destinée aux offrandes. Le commerce marche bien dans les temples et les mosquées, tout le monde s’y retrouve.

Dans le sanctuaire, la ferveur est à son comble : musique, chants, procession autour du tombeau du saint martyre, gens en prière. C’est très étonnant. A la sortie, deux préposés distribuent à chacun une part de la pâte sucrée qui n’a pas été offerte à la divinité. Cette manière de communion est présente aussi dans les temples hindouistes où l’on offre de la noix de coco et des bonbons en sucre blanc à la divinité ainsi qu’aux assistants. Nous passons devant un bassin d’ablutions qui ressemble à une piscine.

Après nous être rechaussés, nous allons visiter les cuisines attenantes au temple. Tous les jours, des repas végétariens gratuits sont distribués à ceux qui le souhaitent.

                                                                   La préparation des légumes se fait à l’extérieur.

Nous entrons dans un antre à la chaleur d’étuve.

                                                                         Il y a tout d’abord la machine à faire les naans (depuis la pâte jusqu’à la cuisson),

                                                                                                                                                                                                                                                            

                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 puis les pétrisseuses de galettes,                                                                                                

les chaudrons posés sur des fournaises où mijotes des légumes,

ensuite la cuisson des galettes.

Le sacré s’étend à la rue aussi avec de petits temples bien fleuris,

du plus modeste au plus raffiné, sur le trottoir ou le long d’un arbre.

La religion est partout et dans tous les actes de la vie.

                                                                                           

 Le commerce aussi d’ailleurs, tout se vend mais attention à l’hygiène.

        Ces appétissants jus de citron bien frais   ne sont pas fabriqués avec de l’eau filtrée,

 les gâteaux frits, les samosas et autres délices sont frits dans le l’huile douteuse et hautement toxique.

Mieux vaut s’abstenir de manger dans la rue.

Dans celle-ci, on rencontre toute une faune :

éléphants, vaches, chiens, chèvres, dromadaires et même des porcs qui vont d’un tas d’ordures à un autre.

La dernière visite de la matinée sera consacrée au Qutb Minar, complexe construit par les musulmans avec du matériau de réemploi venant de temples hindous.

 La tour, symbole de pouvoir s’élève à 72 mètres au dessus du sol, sa construction fut entreprise à partir du 12ème siècle. Plusieurs mosquées en ruine se trouvent dans un charmant parc fréquenté par les promeneurs et les écureuils.

 

Dans les édifices, les plafonds sont toujours remarquablement travaillés. Là où il y a moyen de tailler de la dentelle que ce soit dans la pierre ou dans le bois, les bâtisseurs ne s’en privent pas. Les portes sont travaillées de cette manière ainsi que les splendides jalis occultant les fenêtres pour permettre aux femmes de voir sans être vues. 

Nous quittons le royaume du grès rouge pour aller nous restaurer, il est près de 13h, il fait chaud, la matinée à été longue, il me tarde de me reposer. Heureusement que nous avons des bouteilles d’eau fraîches et un semblant de climatisation dans le car. Repas chez Waves, cuisine locale, bière fraîche (Kingfisher), je m’abstiens de dessert : c’est de la glace. 

Vers 15h, nous nous mettons en route pour Agra distante de 200 km de Delhi. Il nous faudra 5h d’autoroute pour y arriver, le soleil sera déjà couché en arrivant à l’hôtel.

Pourquoi tant de temps ? Parce qu’on trouve de tout sur les autoroutes indiennes : des camions, des voitures, des vélos, des tracteurs, des dromadaires et des vaches errantes. La vitesse s’en trouve ralentie d’autant.

Ces voies rapides traversent de petites agglomérations où il vaut mieux ralentir.

Cela a du charme, je me remplis les yeux au spectacle de la rue :  le vendeur de concombres au sel,

les chiens qui dorment dans la poussière, les femmes qui cuisinent en pleine rue, à côté des vaches et des cochons.

Dans les campagnes, la deuxième moisson se termine, les épis ont été coupés, certains sont entassés en attendant d’être broyés pour le fourrage. Les champs sont dénudés et roussis par le soleil.

L’assistant chauffeur de notre car nous approvisionne en bouteilles d’eau à un prix très démocratique. Avec le temps chaud et sec, il faut boire plus que d’habitude, jusqu’à 5 litres par jour. Je ne me fais pas prier.

L’entrée dans Agra est longue et pénible, tout est embouteillé et j’ai hâte d’arriver à l’hôtel. Enfin vers 20h30, je peux prendre possession de ma chambre à l’hôtel Trident. J’éteins la climatisation pour éviter tous les maux liés à ce fléau : coup de froid, névralgie et autres. La chaleur est très supportable et je commence à m’y habituer. Je constate que mon corps fonctionne mieux par 40°, il ne doit plus faire d’effort pour maintenir sa température. Décidément, je tiens du reptile.

A suivre….

 

 

Thème : Rubric. Un Blog WordPress.com.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.